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lundi 18 juillet 2011

Treize petites enveloppes bleues - Maureen Johnson

GENRE : Roman
ANNÉE : 2005
"NATIONALITÉ" : États-Unis
NOMBRE DE PAGES : 340

Résumé :
"Règle n° 1 : Tu ne peux emporter que ce qui tiendra dans ton sac à dos.
Règle n° 2 : Tu ne dois emporter ni guides de voyage ou de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères.
Règle n°3 : Tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de chèques de voyage, etc.
Règle n°4 : Pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique, d'appareil photo.
C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant. Rendez-vous à la Quatrième Nouille."

Lorsqu'elle découvre ce message de Peg, sa tante adorée qui vient de mourir, Ginny est loin d'imaginer qu'elle en recevra treize au total et que ces petites enveloppes bleues l'emmèneront loin, bien loin, pour un incroyable voyage à travers l'Europe. Et transformeront à jamais sa vie de jeune fille rangée, timide et sage...

Mon avis :
Un roman en demi-teinte pour moi. Certes beaucoup de poésie, d'avancées psychologiques par le biais de ce voyage initiatique préparé à la virgule près, très bien, sans doute même un peu trop bien, par la tante défunte. Une jeune fille qui traverse l'Europe de long en large, parce que c'est le but que lui a fixé sa tante à travers treize petites enveloppes bleues, qui traverse un peu chaque coin, parfois pour meubler la page blanche, parce qu'on a parlé d'Europe, il faut donc parler d'Europe, de toute l'Europe. Ceci donne des choses assez abracadabrantesques comme un séjour express de moins d'une journée en Grèce, sans doute parce que les grecs n'aimeraient pas qu'on les oublie...
On suit néanmoins son parcours avec souvent un certain plaisir.

C'est pourquoi je pense que l'idée est bonne, mais assez mal développée, un peu cafouillis, on veut en faire
trop, faire courir cette pauvre fille partout, et ne pas lui laisser le temps de vraiment vivre ce qu'elle a à vivre. Peut-être cinq enveloppes auraient suffit, sept, huit tout au plus. Le roman est noyé sous le but final d'ouvrir cette treizième enveloppe et ne se laisse pas le temps, ne lui laisse pas le temps. Elle court de droite à gauche, sans avoir le temps de vivre, de se poser calmement, de profiter. Chaque lettre, disposant d'un but particulier, une trace dans la vie de sa tante, le seul but de Ginny alors est d'aller droit au but. Littéralement aller droit au but sans vraiment profiter du reste.

Aussi me voilà relativement déçu. Il n'empêche que je l'ai lu jusqu'au bout pour connaître la fin que je trouve très belle, sous forme de remerciement à sa tante en cavale, la jeune Ginny lui écrit à son tour une lettre, une lettre émouvante de beauté et de reconnaissance de la part d'une toute jeune nièce en cavale qui rentre à la maison...


jeudi 26 mai 2011

Les heures silencieuses - Gaëlle Josse

GENRE : Roman épistolaire
ANNÉE : 2010
"NATIONALITÉ" : France
NOMBRE DE PAGES : 125

Résumé :
Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d'elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits...

Mon avis :
L'histoire d'une femme, d'une enfant, d'une épouse, d'une mère, d'une amoureuse transie, qui raconte son histoire, sa vie, par petites touches, insidieusement. Inspiré du tableau en première de couverture, dans lequel une femme écrit de dos sur son écritoire, ce récit d'une vie nous entraîne dans une autobiographie fictive pleine d'émotions fortes.

On suit l'histoire de cette femme, tantôt mère aimante, tantôt enfant muet, tantôt épouse dévouée, qui nous raconte sa vie intime, nous livre ses douleurs les plus enfouies et ses bonheurs les plus précieux.

À raison d'un billet tous les deux ou trois jours durant un mois - de novembre à décembre 1667 -, on suit la vie de cette femme sur la côte des Pays-Bas, à Delft, où son mari travaille. Envahie par son amour pour la mer, et celui de ses enfants, elle nous conte en un mois l'histoire d'une vie, si bien que l'on semble avoir lu ici le journal intime de toute une vie... C'est ce qui fait le charme certain de cette œuvre bien singulière, en plus des émotions dans lesquelles elle nous plonge intensément.

Un peu déçu par la fin, je me rends compte après réflexion que faire durer n'aurait pas servi à grand chose. Tout est dit, tout y est. Le fond, le style, la forme. Beau travail pour un premier roman ! On sent sans nul doute les talents de poétesse de l'autrice.