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mercredi 12 février 2014

Douze Hommes en colère - Reginald Rose

GENRE : Théâtre
ANNÉE :1953

PAYS : États-Unis
NOMBRE DE PAGES :100


Résumé :   

Douze jurés se réunissent pour débattre à l'issue d'un procès dont l'accusé est un adolescent de seize ans inculpé pour parricide. Les preuves manquent et il clame son innocence. Mais les témoignages sont graves, précis et concordants. S'il est reconnu coupable, le jeune homme sera condamné à mort. Onze jurés sur douze votent "coupable". Un seul s'oppose à ce verdict, explique son veto, analyse les témoignages et décortique les contradictions. Peu à peu le doute gagne les esprits et abolit les certitudes...

Mon avis :  
Une sublime leçon de démocratie et de vie, tout simplement. Ou comment un homme, incertain de la culpabilité d'un accusé, vote "non coupable", car, comme nous le savons tous, le doute doit profiter à l'accusé. L'une des règles d'un tribunal parmi les plus bafouées aujourd'hui, les jurés préférant souvent, dans le doute, donner une peine moins lourde que celle demandée, que de simplement voter "non coupable", ce qu'ils devraient pourtant faire ! Certes, pour avoir assister à un procès, je peux vous dire que rien ne les y encourage, le magistrat se bornant seulement à le mentionner une fois vaguement à l'appel des jurés, et n'hésitant parfois pas lui-même à passer outre certaines des règles du tribunal dont une autre primordiale à mes yeux, la présomption d'innocence. Cela n'est sans doute pas vrai pour tous les tribunaux, mais je ne fais que revenir sur ma propre expérience... Et je m'égare.

Pour revenir au livre, pour toutes ces raisons, il est pour moi une oeuvre à mettre entre les mains de tout citoyen. 100 pages, lues en une heure à peine, ça ne me paraît pas insurmontable. C'est véritablement une belle leçon et un beau rappel pour tout citoyen de ce monde. Le témoignage ne vaut pas preuve. Dix témoignages concordants ne valent pas preuve. Il est extrêmement amusant de voir comment ce juré, au départ seul contre tous, arrive à démonter peu à peu chaque argument de l'accusation dans un procès où, disons-le tout net, la plupart d'entre nous aurait envoyé l'homme à la guillotine. On s'aperçoit très rapidement que des failles existent bel et bien, que la vérité n'est pas forcément celle qui a été livrée. De quoi vraiment faire réfléchir. Sans vouloir trahir de secret, 11 hommes vont tout de même changer d'avis suite à ces arguments déroutants et je pense que beaucoup l'auraient fait. A méditer...

La lecture qui pourrait faire peur de prime abord, avec ces 12 personnages, chacun d'un âge et d'une profession différente, avec un caractère différent, n'est finalement qu'une partie de plaisir. Chaque personnage est clairement défini dans le livre, chacun a sa personnalité, sa façon d'être, du président du jury au footballeur devant être rentré pour le match du soir, en passant par le juré insultant... Si bien que la liste des personnages en première page est très vite un vieux souvenir et que nous rentrons dans l'histoire sans en avoir besoin bien longtemps. 


Un livre à mettre vraiment entre toutes les mains car simple et rapide à lire mais surtout entraînant une importante réflexion sur la démocratie, le respect des règles et des hommes, de son prochain, victime ou accusé. Aimer son prochain comme soi-même, quel qu'il puisse être. Certains diront facile à dire... 

Et n'oubliez pas, le doute doit toujours profiter à l'accusé. C'est un principe démocratique qui n'a pas été inventé par hasard.


Lettre "R" - le 12/02/2014
 
https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjlFPQMDNOfymHSqPilBeOgz-3K95U7qQvQ6jvLtuU-fAtSRHEIAAcWYHDRkT6qMlQefGh2osCOG8UY8Ib4h5C4rtufNKdTiL91ZUTKb1xFJx6mL1IpUVdl_L3lz77GsTNGcOnqUjx3eVO0/s320/banni%C3%A8reABC2014.jpg

samedi 21 mai 2011

Evana 4 - Philip Le Roy

GENRE : Roman policier
ANNÉE : 2009
"NATIONALITÉ" : France
NOMBRE DE PAGES : 384

Résumé :
Producteur mégalomane, Zender Arbacan est devenu célèbre dès son premier film, qui se conclut par le suicide de l'actrice principale à la fin du tournage. À l'époque six femmes s'étaient présentées devant ses caméras et dans sa vie pour obtenir le rôle mythique. Aucune n'en sort indemne. Mais lorsque Arbacan est agressé le jour de ses noces, il est persuadé que l'une de ses anciennes égéries cherche à se venger. Pour démasquer la coupable, Arbacan les réunit dans sa somptueuse propriété de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Six femmes jeunes et belles, réunies autour d'un redoutable Pygmalion. Qui sera le prédateur ? Qui sera la proie ? Un hommage à l'âge d'or du cinéma hollywoodien.

Mon avis :
Lu en moins d'une semaine, j'ai été littéralement happé par l'histoire. Une première partie descriptive où l'on vit le passé de Zender avec ces six jeunes filles. Une seconde qui s'étend sur une journée à la villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat avec ses anciennes conquêtes. Une dernière que je vous laisse découvrir...

Un vrai plaisir à la lecture, ce livre est vraiment bien écrit, tout en étant très clair et concis. On coule sur les mots et les phrases comme une feuille sur le vent. C'est d'une fluidité parfaite.

En dehors de la forme, l'histoire est vraiment palpitante. Cet homme est vraiment très spécial, j'ai eu du mal à me mettre à sa place et à éprouver de l'empathie à son égard. Il est froid, dur, avec des recherches cinématographiques très spéciales, sans aucun respect pour la vie humaine. C'est sans doute aussi la raison pour laquelle, ne m'attachant pas à la victime, mais plus facilement aux filles, potentielles tueuses, que j'ai pu prendre du recul par rapport à l'histoire et apprécier la forme plus que le fond.

Il est vrai que, comme tout polar qui se respecte, ce livre tient en haleine. Mais, contrairement par exemple aux polars d'Indridason, où l'histoire des personnages principaux est racontée et touche au plus profond de nos émotions, ici, bien que certains passages le sont aussi dans la première partie, on s'attache difficilement à ces personnages un peu épars, qu'il s'agisse du commissaire Narco (qui joue un rôle de figuration), de Kristen ou de Zender lui-même, même des filles pour lesquelles, certes, la vie n'a pas été un havre de paix. On est certes parfois touché, mais pas comme on le voudrait. Je pense qu'ayant lu Indridason, ce roman étant dans la même verve, j'ai eu du mal à ressentir de l'empathie.

Cependant, comme je l'ai déjà dit, il tient en haleine, sans aucun doute. Il nous fait nous poser des tas de questions une fois refermé. Il nous donne envie de trouver des réponses en continuant à lire. Et le dénouement, arrivant par bribes, n'est entier qu'au chapitre 76, dernier chapitre de l'épilogue. Personnellement, j'avais envisagé cette possibilité, donc j'ai été légèrement déçu...

Autre point positif à mes yeux : une B.O. assez impressionnante répertoriée en fin de roman. Un livre traité comme un film, comme au cinéma, qui est certes, une vision intéressante.

Pour les amateurs de nouveau polar, je le recommande malgré tout, car, ce qu'on recherche avant tout dans un polar, c'est de se triturer les méninges, et là on se les triture à loisir.